Quand une Italienne veut aider un Tunisien à bricoler (et n’aide absolument pas)

Dans les couples mixtes, chacun a ses talents. Chez nous, la répartition est claire : Ridha sait bricoler, et moi, je sais… regarder Ridha bricoler. Et je le fais avec beaucoup de sérieux.

TEAM PROSECCOVIE DE COUPLE MIXTE

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3/15/20262 min read

Vie de couple mixte - bricolage à 2 - kasbah de ridha
Vie de couple mixte - bricolage à 2 - kasbah de ridha

Le Tunisien et la boîte à outils

Les Tunisiens ont un rapport naturel au bricolage, que ce soit génétique, culturel, ou transmis dans le couscous du dimanche.
Un robinet fuit ? Ridha regarde. Une étagère à fixer ? Ridha regarde. Un truc bizarre qui grince quelque part dans la maison ? Ridha regarde encore.
Et généralement, après quelques minutes, il dit calmement : « C’est rien. » Et il répare.

Dans mon monde, quand quelque chose se casse, la procédure est simple : on regarde l’objet cassé, on soupire, et on appelle quelqu’un. Ridha, lui, devient immédiatement un mélange de MacGyver et d’architecte romain.

L’Italienne qui veut aider

Au début, j’ai voulu participer. « Je peux aider ? »
Erreur stratégique. Ridha, qui est un homme très patient, répond toujours la même chose : « Oui, tiens-moi la lampe. » Donc je tiens la lampe.
Mais il y a un problème : je ne regarde pas la vis, je regarde Ridha.

Le problème principal : le facteur sexy

Il faut dire la vérité : un homme qui bricole est incroyablement sexy.

Je ne sais pas pourquoi.Peut-être est-ce sa concentration, sa réflexion avant chaque geste, ou encore ses outils. Quoi qu’il en soit, lorsque Ridha s’attèle à une réparation avec sérieux, je suis là, collée à lui, avec un enthousiasme qui n’a rien à voir avec le bricolage.

Résultat : je pose des questions inutiles, je lui donne des bisous intempestifs et je bloque parfois l’accès à la perceuse. Bref, je suis un obstacle technique.

Avec le temps, nous avons trouvé un système beaucoup plus efficace.
Ridha bricole, et moi je supervise.

Ma supervision consiste principalement à commenter la beauté de ses gestes techniques, à admirer sa patience et à lui rappeler régulièrement à quel point je trouve ça impressionnant.
C’est un rôle très important, enfin, je crois.

Au fond, c’est exactement ça, notre mélange : l’Italienne volcanique, toujours un peu excessive, toujours un peu démonstrative, et le Tunisien calme, patient, solide comme une maison qu’il aurait lui-même construite. L’une apporte le bruit, les rires, l’énergie, tandis que l’autre apporte les solutions, la stabilité… et la perceuse.

Et quelque part entre un tournevis, un fou rire et un baiser volé au mauvais moment, on se dit que finalement, même quand on n’aide pas vraiment, on participe quand même un peu. À sa manière.

Et Ridha, lui, continue de réparer la maison, pendant que moi, je continue de l’empêcher de travailler correctement. Mais avec beaucoup d’amour...