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Coupe du Monde 2026 ! Un tunisien face à la défaite ...
Quand la Tunisie joue, le couple ne joue plus dans la même catégorie
TEAM PROSECCO
Team Prosecco
6/17/20262 min read


Il existe plusieurs versions de Ridha.
Il y a Ridha le mari attentionné
Ridha le cuisinier qui met “juste un peu” de harissa avant de transformer un plat en arme de destruction massive.
Ridha le fils modèle qui revient de chez sa mère avec suffisamment de tupperwares pour nourrir un village.
Et puis il y a…
Ridha supporter de l’équipe de Tunisie.
Celui-là, même moi, je ne le reconnais plus.
Le rituel avant le match
Tout commence plusieurs heures avant le coup d’envoi.
Le drapeau tunisien sort du placard.
L’écharpe est soigneusement installée.
La chéchia est ajustée avec un sérieux digne d’une cérémonie officielle.
Les chips arrivent sur la table.
Les olives aussi.
Et bien sûr, le pot de harissa.
Parce qu’apparemment, regarder un match sans harissa serait contraire à la Constitution tunisienne.
Pendant ce temps, moi, naïvement :
— Tu veux un café ?
— Aujourd’hui je ne réponds à personne.
— Même pas à moi ?
— Surtout pas à toi.
Le ton est donné.
Les cinq premières minutes
Le match commence.
La Tunisie touche le ballon.
Ridha se lève.
La Tunisie perd le ballon.
Ridha se lève encore plus.
L’arbitre siffle une faute.
Ridha devient sélectionneur national.
Puis arbitre international.
Puis expert VAR.
Puis ministre des Sports.
Tout cela en moins de trois minutes.
Je regarde l’écran.
Je regarde Ridha.
Puis je regarde de nouveau l’écran.
Franchement, le spectacle le plus intéressant n’est pas toujours celui qui est diffusé à la télévision.
L’analyse technique
Ce qui me fascine le plus, c’est la précision de ses commentaires.
Selon lui :
l’arbitre est contre nous ;
le terrain est contre nous ;
la météo est contre nous ;
la Suède est contre nous ;
et parfois même les joueurs tunisiens sont contre nous.
Pourtant, quand je lui demande comment il aurait fait mieux, il répond :
— C’est pas la question. Effectivement.
Le drame national
Puis vient le moment difficile.
La Suède marque.
Une fois.
Puis deux.
Puis trois.
À partir de ce moment-là, le salon entre dans une phase de deuil collectif.
Ridha ne touche plus aux chips.
Il ne touche plus aux olives.
Même la harissa semble perdre son goût.
C’est dire la gravité de la situation.
Le score final
Tunisie 1 - 5 Suède.
Silence.
Un silence si profond que j’entends presque les olives réfléchir.
Ridha fixe l’écran.
La télécommande dans une main.La dignité dans l’autre.
Enfin ce qu’il en reste.
Je pose doucement ma main sur son épaule.
— Mais non mon chéri…
Long soupir.
Puis la phrase que tout supporter tunisien semble connaître depuis sa naissance :
— Le score ne reflète pas le match.
Bien sûr.
Parce que dans son cœur, la Tunisie a gagné.
Dans son cœur, l’arbitre était partial.
Dans son cœur, le gardien adverse n’existait pas.
Dans son cœur, le score était probablement 7 à 0.
La vérité
Et c’est peut-être pour ça que j’aime autant le regarder pendant les matchs.
Parce que pendant 90 minutes, il retrouve ses dix ans.
Il espère.
Il s’énerve.
Il râle.
Il croit aux miracles.
Et même quand son équipe perd 5 à 1, il trouve encore une raison d’y croire pour la prochaine fois.
Alors oui, la Tunisie a perdu.
Mais Ridha, lui, sera de retour au prochain match. Avec son drapeau. Son écharpe. Ses chips. Son pot de harissa.Et la certitude absolue que cette fois-ci…
Cela sera la bonne. 🇹🇳❤️🌶️
Prosecco & Harissa
Deux cultures. Un couple. Et beaucoup de négociations.
Chroniques d’un couple italo-tunisien.
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